Le MaMA Festival & Convention 2019 ouvrira ses portes du 16 au 18 octobre, dans le quartier de Pigalle à Paris et fêtera cette année ces 10 ans d'existence. nüagency participe depuis déjà quelques années à la convention professionnelle du MaMA, avec des keynotes, ateliers et tables rondes, et depuis cette année, Emily Gonneau a rejoint le comité Emily Gonneau a rejoint le comité éditorial du festival. Aujourd'hui, le MaMA, événement au format hybride, s'est imposé comme l'événement professionnel français incontournable de la filière musique. Pour en savoir plus sur les coulisses et les grands temps forts de cet événement, nous avons rencontré Fernando Ladeiro-Marquès, directeur du MaMA. Demandez le programme : on a hâte d'y être !

Peux-tu présenter ton parcours en quelques mots ?

Après des études d’Histoire et de Sciences-Eco, j’ai intégré le secteur bancaire où je suis resté 3 ans avant de m’évader et de reprendre des études de cinéma et de vidéo. A l’issue de celles-ci, j’ai travaillé pendant 2 ans dans la production cinématographique.

Puis, suite à une rencontre lors de mes études d’audiovisuel, j’ai intégré l’équipe de direction du Printemps de Bourges pour ne la quitter qu’en 2015 et me consacrer pleinement au MaMA.

Le MaMA a été lancé en 2009 : quelle est la genèse de cet événement ? A quels besoins avez-vous souhaité répondre ?

Lorsque je travaillais au Printemps de Bourges, j’avais lancé en 1995 une première opération consacrée aux rencontres entre professionnels français et internationaux. Il s’agissait de Tam Tam France qui était déjà une préfiguration de MaMA. Mais à cette époque, les échanges internationaux et l’exportation n’étaient pas encore des sujets prioritaires et Tam Tam France s’est arrêté en 1998, après quatre éditions.

Dix ans ont passé lorsqu’au dernier jour du Printemps de Bourges 2008, nous avons fait le constat avec Daniel Colling (directeur) que la partie professionnelle du festival prenait de plus en plus d’ampleur et qu’il était peut-être temps de créer un événement spécifique qui permettrait aux professionnels de se rencontrer, d’échanger et de présenter leurs artistes à d’autres professionnels. Malgré l’importance du marché français, et au contraire de nombreux autres pays, il n’y avait pas en France d’événement de ce type qui permettait de réunir l’ensemble de la filière et d’accueillir l’international. Nous avons donc décidé de réaliser un numéro zéro, en amont du Printemps de Bourges 2009 pour tester l’idée. C’est ainsi qu’est né le MaMA qui a réellement démarré en 2010, lorsque nous nous sommes installés à Paris, au cœur de Pigalle et Montmartre, quartier historique de la musique.

Rétrospective : quels sont grands moments qui ont marqué ces 9 éditions précédentes ?

Il est difficile de ressortir des moments spécifiques. Depuis 2010, nous avons accueilli tant de débats et d’intervenants, tant d’artistes et tant de moments forts et d’émotions intenses qu’il est presque impossible de faire un choix. Néanmoins, si je devais sélectionner deux moments forts de ces dernières années, je dirais, côté festival, le « silent concert » de Giédré qui s’est déroulé au Sexodrome et qui a sans doute boosté sa carrière et la keynote de Pascal Nègre qui correspondait à sa première prise de parole depuis son départ d’Universal et pendant laquelle la salle de conférence s’est avérée trop petite, avec des professionnels assis par terre ou debout dans les couloirs.

10 ans, ça se fête : quel est le programme ?

Nous n’allons pas transformer le MaMA sous prétexte que nous fêtons notre dixième édition. Nous restons sur le modèle qui, depuis quelques années, a fait le succès du MaMA. Un événement concentré sur trois jours, dans une zone géographique limitée favorisant la circulation du public et des professionnels et l’assurance de réunir l’ensemble de la filière de la musique nationale et de très nombreux internationaux (l’international représente un tiers des pros présents au MaMA). Il y aura évidemment quelques nouveautés et quelques surprises pour le public et pour les professionnels.

Cette année, le MaMA fait un focus sur le Portugal. Pourquoi ce pays pour une première ? Comment va-t-il se matérialiser ?

Chaque année, un pays est à l’honneur. C’est l’occasion de (mieux) connaitre ses acteurs et ses spécificités avec la venue d’une délégation professionnelle et d’artistes intégrés dans notre programmation. Entre concerts, débats, speed-meetings, cocktails ou toute autre activité de networking, nous offrons ainsi la possibilité aux professionnels du pays invité de rencontrer d’autres professionnels et de développer des collaborations. Après le Japon, la Colombie, la Chine ou encore l’Afrique du Sud, c’est le Portugal dans toute sa diversité qui hérite du Focus 2019 au MaMA.

C’est un marché intéressant car, malgré une dimension modeste, le Portugal est un excellent territoire pour le « live », il y a de très nombreux festivals. En outre, avec la présence de nombreux artistes issus des pays lusophones, il y a une très grande diversité, une incroyable richesse artistique et un son particulier que l’on commence à percevoir à l’échelle internationale.

Quels seront les nouveautés et autres temps forts de cette édition à ne pas rater (même s’il y en a beaucoup) ?

Il y en a effectivement beaucoup, le programme du MaMA est très dense, avec 150 débats, conférences, workshops et plus de 130 concerts.

Parmi les divers débats et conférences, je pourrais souligner les rencontres consacrées à la place des femmes dans la filière, la master class proposée par Jean-Michel Jarre ou encore le débat sur les artistes activistes, mais il y en a tellement d’autres…

Le MaMA Invent (la partie innovation du MaMA qui occupe l’ensemble du Trianon) sera également un lieu de rencontres et d’échanges très animés avec, du matin au soir, un programme pléthorique, une véritable machine à popcorn.

Côté grand public, la nouveauté est la mise en place d’un « village public » extérieur et ouvert à tous, au cœur du MaMA, avec la présence de divers stands (disquaires, tatoueurs et autres animations). A noter également le « festival innovant » : il s'agit de divers concerts dans lesquels les innovations proposées en journée dans le cadre de MaMA Invent, se retrouvent en application dans les salles de spectacle.

A qui s’adresse le MaMA Festival et Convention ?

Le MaMA s’adresse à l’ensemble des acteurs de la filière musicale, aussi différents soient-ils : musique vivante ou enregistrée, business ou subventionnée, français ou internationaux, tous ont leur place au MaMA.

Notre ambition de départ était de réunir tous ces acteurs et de créer à Paris un lieu de rencontres et d’échanges, un espace de réflexion sur l’avenir de nos musiques.

Cette année, plusieurs keynotes et rencontres mettent en avant l’échange de savoirs entre générations et le MaMA est partenaire de La Nouvelle Onde, l’initiative qui braque les projecteurs sur la nouvelle génération de pros de la filière. Pourquoi était-il important de valoriser la jeunesse au MaMA ?

Il est important de valoriser la jeunesse en règle générale et il était naturel pour nous que le MaMA soit un lieu ouvert aux nouvelles idées, aux nouvelles initiatives. Depuis plusieurs années, la musique est perpétuellement en mouvement. Qu’il s’agisse de production, de promotion ou encore de diffusion, les choses bougent, changent, s’entrechoquent. C’est pourquoi nous voulons favoriser la présence d’une nouvelle génération d’artistes et de professionnels.

Côté artistes, la programmation du MaMA est une réponse à cette volonté. La grande majorité des artistes qui s’y produisent sont en phase de développement et le MaMA leur apporte une grande visibilité, nationale et internationale.

Côté professionnels, nous favorisons la transmission en accueillant un maximum de représentants de cette nouvelle génération dans nos conférences pour leur permettre de s’exprimer et de dialoguer avec des professionnels plus expérimentés. Car ces nouveaux venus sont le futur de la filière et il est important qu’ils puissent acquérir de nouvelles connaissances et développer des réseaux.

Un dernier mot pour la fin ?

La fin ? Vous n’y pensez pas. Rendez-vous l’année prochaine pour fêter nos 11 ans !


Vous pouvez suivre le MaMA sur son site Internet et ses réseaux sociaux : Facebook, Twitter, et Instagram.

Découvrez le programme de nüagency au MaMA 2019 ici.

Laisser une réponse