De la musique classique pour tous, c'est possible. Et c'est l'objectif du projet Muside. Nous avons donc rencontré Mathilde El Hadeuf, membre de l'équipe de LAREMU et chargée de développement du projet Muside. Muside est une initiative portée par le Laboratoire de Recheche et d'Experimentations Musicale, une structure consacrée au développement des structures musicales "non-marchandes". Et ce projet a pour objectif de faire découvrir et comprendre la musique classique au plus grand nombre. Une chouette idée que nous avons à cœur de partager, alors qu'une campagne de crowdfunding est en cours jusqu'au 4 avril, pour financer cette plateforme innovante.

Pouvez-vous nous parler de Muside ? Comment est née cette idée et quels sont les objectifs de LAREMU avec ce premier projet ?

Muside est la contraction de « Music Guide », c’est une plateforme web destinée à guider chacun à travers la musique classique.

L’idée est née d’un constat et d’une question. Le constat est que le public de la musique classique est vieillissant et « élitiste » (âge médian autour de 61 ans et 75% du public possède un Bac+3 ou plus). On a essayé de comprendre les raisons de ce constat. Le fait est que la musique classique est une musique complexe dotée d’un répertoire immense, ainsi, si personne dans notre entourage ne nous guide à travers la musique classique, il est très difficile de s’y sensibiliser. C’est pourquoi nous avons décidé de créer Muside, pour que chacun ait la même chance de découvrir la musique classique. Pour Laremu, l’objectif est de réaliser un premier projet qui rassemble tous les acteurs de la musique classique et qui les aide à faire face à leur problématique de renouvellement du public. Ça sera aussi l’occasion de montrer l’intérêt de travailler ensemble.

A qui s’adresse cette plateforme ?

Comme nous l’avons vu cette plateforme s’adresse à ceux qui souhaitent découvrir la musique classique, mais pas seulement. Le public averti pourra explorer le répertoire, découvrir des œuvres ou des compositeurs(-trices) méconnus, mieux comprendre le contexte et les œuvres… Nous souhaitons que cette plateforme soit intuitive pour tous, c’est pourquoi nous proposerons plusieurs formats de ressources : textes courts, approfondis ou vidéos.

Par ailleurs cette plateforme s’adresse aussi aux professionnels. Elle sera un outil utile à la fois pour les professionnels de la pédagogie (professeurs des écoles, enseignants en musique) que pour les acteurs du secteur musical (salles, ensembles…) ou encore pour les musicologues.



Vous avez lancé une campagne de crowdfunding qui se terminera le 4 avril prochain ; quelle est la somme que vous souhaitez récolter et à quoi servira-t-elle ? Quels sont les avantages de ce mode de financement ?

Nous avons déterminé 3 paliers : 5000 €, 10 000 € et 15 000 €. Cette somme servira à financer la partie technique de la plateforme avec plus ou moins de fonctionnalités en fonction de la somme récoltée.

Le secteur de la musique classique et ses financeurs habituels sont très frileux des projets comme Muside. Ainsi, chacun attend qu’un autre fasse le premier pas pour ne pas prendre de risque. Nous avons tourné en rond pendant un moment et nous nous sommes rendus, le premier pas devra donc être effectué grâce au financement participatif.

Quelles sont les principales étapes du projet Muside ?

Nous avons déjà passé quelques étapes : conception de la plateforme, entretiens d’évaluation, premiers partenariats, il faut maintenant réunir le budget afin de financer la partie technique. Ensuite nous sortirons une première version, appellerons nos partenaires à contribuer, établirons de nouveaux partenariats, nous testerons la version Beta, puis après quelques modifications nous la sortirons au grand public. Après, la plateforme est amenée à s’enrichir et s’améliorer au grès des idées et du budget.

Pourquoi avoir choisi, dans un premier temps, d’explorer la musique classique ? Est-il envisagé d'ouvrir l'idée à d'autres genres musicaux à l'avenir si le projet est un succès ?

Pour la musique classique c’est un besoin dû à la complexité de la musique et à l’étendue du répertoire. L’idée est de voir comment la plateforme évolue, ce n’est pas un projet figé, nous sommes en constant questionnement.

Vous parlez de « musiques non-marchandes » : qu’entendez-vous par ce terme, et pourquoi l’avoir choisi ?

La musique non-marchande est celle qui a besoin de financements extérieurs afin de pouvoir exister. C’est lorsque les coûts de production sont supérieurs aux potentielles recettes. Pour des orchestres par exemple, à chaque représentation il faut rémunérer chaque musicien pour la représentation et pour les répétitions. D’un autre côté, la salle ne peut pas être d’une taille trop importante pour des questions acoustiques. Aussi les domaines classiques, jazz et musiques du monde sont plutôt subventionnés, que ce soit directement les ensembles, les salles ou les interprètes.

L'accueil depuis le lancement de la campagne de crowdfunding est prometteur : quels sont les premiers partenaires à avoir rejoint l'aventure ? 

Les premiers partenaires à avoir rejoint Muside sont des enseignants en éducation musicale qui pratiquent les classes inversées et produisent des capsules pédagogiques. Ils sont suivis de très près par les Youtubeurs de la musique classique, qui effectuent déjà un travail de médiation sur internet, Muside permettra de le mettre en avant. Nous avons aussi des anciens étudiants en Musicologie qui sont passionnés et souhaitent faire partager leur savoir.

Quels sont les prochains projets de LAREMU à venir ?

Les prochains projets de Laremu seront en fonction du succès de Muside, il lancera l’activité de l’association. Néanmoins, un projet de rassemblement des personnalités qui souhaitent faire bouger le secteur va certainement naitre dans les prochaines semaines.

Un dernier mot pour la fin ?

Si vous êtes convaincu d’une idée bénéfique pour l’intérêt général, il faut foncer, parce que si vous n’y allez pas, personne n’ira à votre place et les choses ne changeront jamais.

Vous pouvez soutenir Muside dans leur financement participatif sur HelloAsso et suivre le développement de cette plateforme sur Facebook, Twitter et sur le site Internet de Laremu. Vous pouvez également suivre Laremu sur Facebook et Twitter.

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