Le 21 mars, Emily participera aux Rencontres Européennes des Artistes qui se tiennent à Paris du 20 au 21 mars. Elle est invitée à la deuxième table ronde, en partenariat avec l'IRMA, sur le sujet "Quelle structure pour mon projet?" avec Marie-José Sallaber, directrice adjointe de l’IRMA, Jean-Marie Guilloux, avocat, Clément Praud, directeur d’Aglaë et Julien Soulié du FAIR. A cette occasion, nous avons rencontré Brun Boutleux, directeur général de l'Adami qui organise ces 16ème REA.

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Pouvez-vous nous présenter l’ADAMI et ses différentes missions ?

L’Adami gère les droits de près 80 000 artistes-interprètes (comédiens, chanteurs, musiciens, danseurs…) en France et à l’international. Elle est la 3ème société d’artistes au monde. Par ailleurs, elle les aide financièrement pour leurs projets artistiques (environ 12M€/an) et les accompagne dans leur carrière par différents services. Nous agissons également pour défendre leurs intérêts et développer leurs droits.

Les 20 & 21 mars se tiendront les 16ème Rencontres Européennes des Artistes. Quel est l’objectif de ces rencontres et à qui s’adressent-elles ?

Les Rencontres Européennes des Artistes s’adressent à tout ceux qui sont intéressés par la question des artistes-interprètes et de leur métier, mais elles sont avant tout un lieu où les artistes peuvent prendre la parole afin qu’elle soit entendue. Cette année, 90% des participants sont des artistes, c’est un record et l’Adami agit simplement comme une caisse de résonnance. La parole directe des artistes est rare, elle est souvent filtrée par des intermédiaires, nous leur tendons ici le micro pour qu’ils partagent leur vision de leur métier, de la culture et plus généralement de la société.

Quels seront les thèmes abordés cette année et les intervenants présents ?

Le thème central de ces REA, alors que nous assistons à des bouleversements politiques et sociétaux, est l’artiste-citoyen. C’est-à-dire, le rôle singulier que tient l’artiste dans une société. Nous y consacrons une grande partie de ces Rencontres : un film lors de la soirée d’ouverture, un grand débat « L’artiste, un créateur de valeurs ? » avec Magyd Cherfi, Robin Renucci, Le Birgit Ensemble, etc. et en soirée, le Prix Adami de l’artiste citoyen, premier du nom, qui sera remis à Zahia Ziouani.

En pleine campagne présidentielle, nous aurons également un débat avec les représentants des candidats sur leur vision de la culture, un thème consacré à l’agenda européen en pleine discussion de la Directive droit d’auteur, un atelier sur le phénomène de l’artiste-producteur et puis une master-class avec le groupe de hip-hop La Rumeur qui vient de réaliser un film magnifique avec Reda Kateb et Mélanie Laurent, « Les Derniers Parisiens ».

Des artistes seront là pour prendre la parole, en chair et en os ou en hologramme : pouvez-vous nous en dire plus sur le choix/la volonté de ces artistes ?

Notre Président, Jean-Jacques Milteau, aime à dire que les artistes demandent de la considération. Quand ils perçoivent quelques centimes d’euros sur un abonnement streaming, ce n’est pas les respecter. Quand on parle en leur nom, c’est la même chose. Le métier d’artiste est en pleine évolution, ils ont besoin de construire eux-mêmes leur avenir.

Il y aura notamment deux moments dans la journée consacrés à la question « Quelle structure pour mon projet ? », tables rondes montées en partenariat avec l’IRMA. En quoi ce sujet vous a semblé être important à aborder cette année ?

Tout simplement parce que nous recevons un nombre de sollicitations extrêmement important d’artistes qui se produisent eux-mêmes et qui souhaitent recueillir une expertise juridique, administrative ou financière. L’artiste-producteur fait partie des évolutions majeures du métier d’artiste ; c’est très fort en musique mais cela gagne aussi le théâtre et l’audiovisuel, le cinéma. Nous ne jugeons pas cette évolution, qui peut avoir des effets négatifs notamment sociaux pour les artistes mais la constatons et tentons d’y apporter des réponses.

Impossible d’ignorer l’échéance électorale qui approche : quelles ambitions avez-vous pour la dernière table ronde des REA 2017 autour des propositions Culture des candidats à la Présidentielle ?

Nous continuons de creuser le sillon de la problématique de la rémunération des artistes sur internet que la loi « liberté de création », malgré l’espoir que les artistes avaient placé en elle, n’a pas résolue.

Plus largement nous constatons que la question du partage et du transfert de la valeur traverse tous les domaines de la culture et de la connaissance : artistes, auteurs, producteurs, photographes, journalistes… Les pouvoirs publics ont pour le moment abordé cette question de manière morcelée sans réelle action. Il serait peut-être temps d’envisager une approche globale. Voilà le message que nous tentons de leur faire passer.

© Propos recueillis par Emily Gonneau

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