Que vous soyez musiciens ou interprètes, démarcher des professionnels est un aspect incontournable de votre métier. L’ère 2.0 offre une pléthore de possibilités avec des recherches rapides, des outils gratuits et la tentation de gagner du temps. Or, si la quantité est votre seul critère, elle se fera très certainement au détriment de la qualité et aura un impact négatif sur le potentiel de votre carrière.

Commencez par vous demander à quel stade de votre carrière vous en êtes, ce que vous recherchez précisément et pour quelles raisons, mais surtout,  quels sont vos besoins ? (Un manager ? Un community manager ? Un tourneur ? Un label ?).

Certes, les acteurs auxquels vous vous adressez appartiennent tous au même écosystème de la musique mais vous n’aurez pas besoin d’eux de la même manière ni au même moment de votre carrière.  En tant qu’artiste, la temporalité de votre carrière est étirée (albums, promo, tournées…) et selon l’étape à laquelle vous vous situerez, vous devrez adapter votre discours. Il est donc opportun d’identifier les réponses aux questions listées précédemment. Cette étape est importante car elle vous permettra de partir sur de bonnes bases.

Si vous démarchez un professionnel à un moment de votre carrière qui ne s’y prête pas, non seulement vous allez dépenser de l’énergie inutilement, mais surtout vous risquez fortement de vous faire recaler, ou pire de dépenser de l’argent sans résultat (si vous frappez à la mauvaise porte et avez eu l’idée saugrenue de penser qu’il fallait y consacrer un budget pub en plus).

Internet a induit de nouveaux modes de communication et il existe de nombreux outils à votre disposition, mais les usages que vous allez en faire doivent-être ciblés et réfléchis (thème de nos nombreuses formations) sinon ils vous desserviront.

Quelques principes de base

Si vous recherchez plus de visibilité pour votre projet artistique, les réseaux sociaux sont un moyen mais vous devez toujours garder à l’esprit que le temps des procédures standardisées est révolu. Gardez de surcroît à l’esprit que les pros sont déjà particulièrement sollicités dans ce milieu, ils sont donc vite lassés et repèrent encore plus vite les modes d’approche génériques et impersonnels.

Un exemple concret : n’envoyez pas des rafales de tweets identiques à des dizaines d’interlocuteurs avec lesquels vous n’avez encore jamais eu de contact car, sans contexte, au mieux votre destinataire vous ignorera, au pire, il vous bloquera ou vous fera une mauvaise publicité.  Surtout si vous n’en êtes pas à votre première tentative / mention ou qu’il a même pris la peine de vous alerter (si, si, ça nous est arrivé).

N’oubliez pas les fondamentaux que vous auriez pour une prise de contact classique. Trois axes sont à suivre: se présenter (soi), présenter ce que l’on connait de l’entreprise (l’autre) et pour finir ce que l’on peut apporter à l’entreprise (soi et l’autre). Cette règle s’applique bien évidemment aussi au métier d’artiste.

Vous devez, en plus, prendre en compte certains facteurs psychologiques selon le type d’interlocuteur auquel vous vous adressez.

Avant d’établir le contact, gardez trois choses à l’esprit qui vous éviteront beaucoup de maladresses :

1/ il faut donner avant de recevoir (genre de chose qu’un artiste est supposé pratiquer au quotidien…)

2/ vous devez toujours identifier l’intérêt de votre interlocuteur et une raison claire et simple de vous répondre.

3/ plus vous ferez gagner du temps à votre interlocuteur (ou, du moins, lui en faire en perdre le moins possible), plus la personne sur-sollicitée vous sera secrètement reconnaissante d’avoir pris en compte la réalité de son quotidien.

Il est vital d’adapter votre discours en fonction du type de réseau social utilisé

Sur Twitter

comme on vous l’a conseillé plus haut, le même tweet en rafale aura des effets délétères sur vos interlocuteurs sans parler du message indigeste que cela devient à force de surcharger votre message de hashtag et de @. Car il ne faudra pas 2 secondes aux personnes mentionnées pour constater que votre profil est une décharge publique dont vous cherchez à vous délester des déchêts sans discernement : ce contact est perdu pour toujours. Vous devez plutôt vous souvenir que chaque mot est précieux et doit avoir un sens dans ce que vous voulez faire passer auprès de votre interlocuteur puisque vous êtes limités à 140 caractères.

 

Sur Facebook

Ne contactez jamais les personnes qui vous intéressent via leur boîte mail, c’est insupportable. Elles y sont à titre personnel, avec leurs amis, la dernière chose qu’elles veulent est que vous les harceliez jusque dans leur cercle intime ou amical. Sans compter que si vous n’êtes pas déjà amis, Facebook enverra votre mail dans la catégorie « Autre » de votre messagerie, autant vous dire qu’il ne sera jamais lu. Si vraiment vous ne trouvez pas leur mail pro, optez pour un message sur la page Facebook de la structure pour laquelle ils travaillent. Mais au-delà, vous vous tirez une balle dans le pied.

 

Par sms groupé 

Ca peut être intéressant en fonction de votre forfait de fonctionner ainsi, mais ce n’est pas sans risques et vous devez procéder avec caution et discernement. Ce n’est pas parce que vous avez le numéro de téléphone de qui que ce soit que ça veut dire qu’ils vont apprécier que vous les spammiez. Vous l’aurez compris : la question n’est pas restreinte à l’accès à un grand nombre de personnes, mais inclut la qualité de votre relation avec elles  - ceci comprend le bon dosage de messages ou de relances en termes de fréquence, de ton, de politesse et d’informations.

 

C’est assez simple en fait : nous ne sommes qu’humains. Si vous voulez être efficaces lorsque vous démarchez en ligne, il faut bien comprendre que :

1/ Ce n’est pas parce que vous avez écrit que vous aurez ce que vous voulez

2/ Vous avez plus de chances que l’on ne vous réponde jamais plutôt que l’on vous réponde, même pour dire non

3/ Personne ne vous doit quoi que ce soit, et encore moins une réponse (c’est assurément cruel, mais autant le savoir)

...Maintenant que vous êtes bien déprimés, voici quelques conseils pratiques pour surmonter votre spleen.

Personnalisez votre approche en fonction de chaque interlocuteur

Vous adressez à une agence de communication digitale comme nüagency dans l’espoir de profiter de son réseau afin de promouvoir un événement

Commencez par lister les différents champs de compétences de votre interlocuteur. Dans le cas de nüagency, il y a des formations, de la veille sur les réseaux sociaux, de la stratégie et pour finir et non des moindres : du community management, et tout cela ciblé pour les artistes qu’ils soient interprètes ou musiciens. Donc vous devez en déduire que votre interlocuteur est spécialiste de la communication digitale et qu’au lieu de lui envoyer une invitation impersonnelle sur les réseaux sociaux (qui vous fera passer pour un amateur immature avec un degré zéro d’analyse), il vaut mieux en profiter pour obtenir des conseils qui vous permettront d’adapter votre stratégie numérique (article, veille…) ou de participer à une formation (certaines sont gratuites) ou mieux encore, d’entrer en contact avec l’agence en exposant votre projet et ainsi profiter de son réseaux ou parle de vous.

 

Vous démarchez un label 

Qu’avez-vous à présenter en écoute qui reflétera votre univers artistique?  EP, album ? Avez-vous une chaîne YouTube très fournie qui réunit des vidéos personnelles mais aussi d’autres artistes qui vous influencent ou avec lesquels vous avez pu collaborer ? Surtout : gardez votre lucidité, même si signer un contrat en maison de disque représente le graal pour vous. Déjà, ne démarchez que des labels dont la ligne artistique correspond à la vôtre et approfondissez votre travail de recherche en vous demandant s’ils signent en ce moment ou non, si oui, quelle est la personne dans l’équipe à qui vous devez vous adresser spécifiquement (les directeurs artistiques ou apparentés se comptent généralement sur les doigts d’une main, majors comprises), etc.

 

Pour un partenaire média 

Commencez par vous demander si les personnes qui vous suivent et qui sont sensibles à votre univers artistique sont elles aussi réceptives à ce type de média. Cela vous permettra d’arguer qu’un partenariat serait de bon augure pour les deux parties car votre projet pourrait non seulement générer un contenu cohérent avec la ligne éditoriale du média mais également lui apporter du sens et de la visibilité sur le cœur de son audience ou lectorat.

 

Dans le cas d’un festival ou d’une salle de concert

Sachez que certaines salles se limitent à diffuser un style musical en particulier et sont très strictes quant à leur programmation lorsqu’elles ne sont pas restreintes par leur cahier des charges. Donc il est préférable d’avoir une liste des salles où vous êtes susceptibles de vous produire en fonction de votre style musical. Adoptez la même démarche pour les festivals : les places sont chères, vous vous épuiserez à écrire en vain aux mauvaises personnes.

 

En résumé : « Rien ne sert de courir, mieux vaut partir à point ». Posez-vous des questions simples mais essentielles : qui, pourquoi, comment et quel intérêt pour eux, et souvenez-vous que vous ne vous adressez pas à des robots.

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